LE LAPIN DE GARENNE

  • Classification

    Le lapin de garenne appartient à l'ordre des lagomorphes et à la famille des léporidés comme le lièvre.
    D'origine ibérique, il a naturellement colonisé la bordure méditerranéenne et le Sud-Ouest de la France. La colonisation des autres régions est intervenue au Moyen-Age sous l'action de l'homme.
    Le lapin de garenne était apprécié pour sa chair et sa peau mais également pour sa chasse qui se pratiquait dans des garennes, enclos où il était élevé.
    L'espèce est présente dans toute l'Europe occidentale et une partie de l'Europe centrale.

  • Identification                         

    Le pelage est globalement brun foncé, excepté le ventre qui est gris clair. II pèse entre 1,1 et 1,5 kg. II n'y a pas de différence morphologique entre le mâle, également appelé garenne, et la femelle (lapine). Plus petit que le lièvre, il s'en distingue par des pattes moins longues, une tête plus ronde et des oreilles plus courtes (5 à 8 cm) qui n'ont pas les extrémités noires caractéristiques du lièvre. II peut vivre jusqu'à 8 ans. Les petits sont appelés lapereaux jusqu'à l'âge de 3 mois.

  • Alimentation

    Herbivore, le lapin de garenne affectionne avant tout les graminées qu'il accompagne de nombreuses plantes herbacées, sauvages ou cultivées, dont il aime choisir les parties les plus riches (jeunes pousses ou fleurs en bouton). Opportuniste, il est capable de consommer une grande variété de végétaux, y compris des ligneux ou semi-ligneux comme les ronces, les ajoncs, les bruyères...
    Il digère les aliments en deux fois, c'est la caecotrophie qui lui permet de tirer le meilleur profit d'une alimentation à faible valeur nutritive. La première digestion produit des pelotes molles (caecotrophes) qui sont réabsorbées et transitent une seconde fois dans le système digestif.
    Lorsque les apports du milieu naturel ne sont pas suffisants, il peut occasionner des dégâts considérables aux cultures et plantations forestières.

  • Reproduction                            

    L'espèce est organisée en groupes sociaux (colonies) formés de plusieurs familles. Au sein de chaque groupe, les mâles et femelles dominants assurent la majorité de la reproduction qui débute généralement en janvier et se termine entre la fin du printemps et l'automne, lorsque la qualité de l'alimentation devient insuffisante. La gestation est de 30 jours et les femelles produisent, chaque année, 15 à 25 jeunes en 3 à 5 portées. Cette forte productivité est compensée par une mortalité juvénile importante puisque seuls 5 à 6 jeunes parviennent à l'âge adulte du fait notamment des travaux agricoles et des fortes précipitations qui détruisent les nids (rabouillères), des maladies et des prédateurs (petits carnivores, renard, chat, sanglier, rapaces...).
    Les lapereaux naissent nus et aveugles et deviennent autonomes dès l'âge d'un mois.

  • Habitat

    Le lapin apprécie particulièrement les milieux où alternent couverts et zones ouvertes et recherche les sols profonds dans lesquels il peut creuser ses terriers. Ainsi, il fréquente prioritairement les milieux ouverts aux paysages diversifiés comme les bocages, les garrigues et les abords des villages ou se mêlent pâturages et bosquets. Par contre, sa présence est limitée dans les grandes plaines de cultures intensives et les grands massifs forestiers très fermés. L'espèce est aujourd'hui présente dans toutes les régions, exceptés les grands massifs forestiers et les zones de montagne au-dessus de 1 400 m.
    Sur son territoire, il dispose de plusieurs terriers interconnectés qui forment une garenne et prévoit également d'autres gîtes en cas de danger immédiat. Son activité est essentiellement nocturne mais aussi matinale et crépusculaire.
    Il quitte alors son terrier pour s'alimenter et s'adonner à des activités de nature sociale (marquage territorial, défense de son territoire,...). Il s'éloigne rarement de plus de 100 m de son terrier qui constitue son principal refuge.

  • Gestion de l'espèce                                                                    

    Gibier très populaire, le lapin de garenne a vu ses effectifs fortement régresser depuis le début des années cinquante. Depuis cette époque il a payé un lourd tribut à deux maladies virales, la myxomatose et la VHD (maladie virale hémorragique), ainsi qu'à une forte dégradation de ses habitats : perte d'habitats favorables et fragmentation des habitats restés favorables. Les principes de base de sa gestion résident dans la gestion et l'aménagement des territoires et dans une maîtrise des prélèvements cynégétiques. Il est notamment conseillé de fermer la chasse du lapin vers la fin décembre.
    La restauration ou le développement de populations à des fins cynégétiques doit s'inscrire dans une réflexion conduite en partenariat avec agriculteurs et forestiers. En effet le lapin de garenne est susceptible de commettre d'importants dégâts aux cultures et plantations forestières.
    Chasse Le lapin de garenne peut être chassé à tir, à l'arc ou à courre (petite vénerie). Il figure également, de par les dégâts qu'il peut occasionner, sur la liste nationale des espèces pouvant être classées nuisibles. L'enquête nationale de 1998/1999, réalisée par la Fédération nationale des chasseurs et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, estimait les prélèvements à 3 200 000, classant le lapin au 4ème rang des gibiers derrière le pigeon ramier, le faisan et les grives.

                                                                    Allez les Bleus   



  • Article ajouté le 2007-03-14 , consulté 225 fois

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